Chronique 38

1535 - La fausse Charte de Cologne

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Alors que la vieille Europe se remet de la dé­cou­­verte par Christophe Colomb d’un nouveau continent (1492) et de la rotondité de la Terre prouvée par Magellan (1519-1522) ; que l’Allemagne se convertit aux thèses réformatrices exprimées par le moine Martin Luther (1483-1546) ; que François Ier (1494-1547) se fait, en France, cons­tructeur de châteaux et adversaire pugnace de Charles Quint,

Des « Maîtres élus de la Confrérie vouée à saint Jean, membres de la Franc-Maçonnerie », se réunissent dans la ville de Cologne, en terre rhénane, pour y rédiger une nouvelle charte, qui se veut plus du ressort de la spéculation maçonnique que de la pratique opérative du Métier.

Parmi les signataires se trouvent, non seulement Philippus Mélanchthon, grand ami de Luther, et Herman de Viec, archevêque-électeur de Cologne, mais aussi Jacobus d’Anvers et… Gaspard de Coligny, le chef des calvinistes. 

Rien d’é­tonnant à cela puisque, c’est bien connu : la Charte de Cologne est un faux en écriture. 

On ignore quand le document a été rédigé ; sans doute en France, dans la seconde moitié du XVIIIe siècle, peut-être dans les années 1780. Pourquoi ? Assurément pour contrer les condamnations papales.

On y relève une longue liste d’informations fantaisistes : notamment l’exis­­tence de hauts grades et de liens entre les francs-maçons et les templiers, enfin l’activité de loges à Édimbourg, Hambourg, Rotterdam et Venise, pour ne citer que ces lieux. 

Fait toutefois des plus curieux : le document, bien que destiné à une large diffusion, est présenté en « Chiffre maçonnique », inventé au… XVIIIe siècle.

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© Guy Chassagnard - Auteur de  : La Franc-Maçonnerie en Question (Éditions DERVY, 2017).

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