Chronique 36

1475 - Maçons d'Écosse et d'Angleterre

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1475. - La Corporation des maçons et artisans d’Édimbourg (Écosse) reçoit du conseil municipal une charte de constitution. Elle se voit, en outre, attribuer l’usage de la chapelle de Saint-Jean l’Évangéliste, à l’intérieur de la cathédrale Saint Gilles ; à charge pour elle de payer les cierges et de rétribuer le prêtre en titre. 

La Corporation se fixe pour but de subvenir aux besoins de ses membres indigents auxquels il lui appartient, le cas échéant, de fournir une sépulture chrétienne.

On trouve, dans l’attribution de la chapelle de Saint-Jean l’Évangéliste, la raison pour laquelle les francs-maçons écossais célèbrent la fête de l’Évangéliste le 27 décembre plutôt que celle du Baptiste le 24 juin.

• 1480. - Dans les archives communales d’Aberdeen, en Écosse, remontant à l’an 1399, on relève l’existence d’une loge, reliée à l’église de Saint-Nicolas – à la fois lieu de travail et institution contrôlée par le bourg.

• 1483. - Les archives municipales d’Aberdeen, en Écosse, font référence, pour cette année 1483, au serment prêté par les Masonwnys of the Luge (maçons de la loge) ; en 1486, aux règlements établis pour administrer les maçons ; en 1527, à la constitution d’une confrérie des maçons ; en 1544, à la construction d’une nouvelle loge permanente.

• 1491. - Selon un document daté de 1491, la Corporation des maçons et artisans d’Édimbourg voit ses droits et obligations officiellement définis.

Ainsi ses membres exercent-ils leur métier selon des horaires préétablis ; mais peuvent, en revanche, disposer de temps libre pour se reposer dans une « loge commune ».

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1481 - The Worshipful Company of Masons

Suite à l’établissement à Londres, en 1356, de règlements particuliers pour l’exercice du métier de maçon, s’est définitivement constituée, dans la capitale anglaise, une « guilde », qui n’a pas tardé à demander son admission parmi les organisations professionnelles et corporatives locales. Ce qui lui a permis d’avoir deux sièges au sein du Conseil de la cité.

En 1472, la Compagnie des Maçons de Londres – soit The Wors­hipful Masons Company of London – décore d’armoiries, figurant sur un écu d’argent trois châteaux disposés de part et d’autre d’un compas ouvert, la bannière qu’elle déploie dans les cérémonies communaleso; et adopte pour devise : Dieu est notre guide.

En 1481 sont établis de nouveaux règlements fixant notamment la durée de l’apprentissage (sept ans) sur l’étendue de la cité de Londres ainsi que les modalités d’obtention du titre envié d’« homme libre du métier » – Freeman of the Craft. 

Les maçons de Londres se doivent d’être fidèles à la couronne et à la cité. Ils sont tenus de se rendre, sous peine d’amende, à la messe en certaines fêtes religieuses, telle celle des Quatre Couronnés, revêtus de leur livrée.

En 1677, les droits et devoirs précédemment délivrés sont confirmés par une charte de Charles II.Il y est précisé que le maître de la compagnie, « maître maçon d’Angleterre », doit fournir des maçons au roi, chaque fois que de besoin, pour « la construction de châteaux, tours et fortifications ».

Toujours en activité en 2017, la Compagnie des Maçons demeure, avec ses 200 membres (Liverymen, Freemen, et Yeomen), une société d’entraide et de secours ; elle affirme n’avoir jamais eu de lien avec la Franc-Maçonnerie et les francs-maçons, tant opératifs que spéculatifs.

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© Guy Chassagnard - Auteur de  : La Franc-Maçonnerie en Question (Éditions DERVY, 2017).

ACTA-LATOMORUM.FR                                                                                                                                   © Guy Chassagnard  -  2018